Asuel, Jean-Ulrich d' ( ?-1386)

Issu de la famille des sires d'Asuel. Fils d'Ulrich-Thiébaud. Marié à Vérène de Tierstein, issue d'une puissante famille comtale de l'évêché. Père de Jean-Bernard.
Sa richesse contraste avec celle de son grand-père, Thiébaud, et lui permet de ne pas s'engager, comme son père, au service des Habsbourg. Les liens entre les deux famille subsistent néanmoins. A cette époque, les Asuel accroissent leurs possessions en Alsace.
En 1337, J.-U. renoue avec la générosité de ses ancêtres envers l'abbaye de Lucelle en donnant aux cisterciens le patronage de l'église de Charmoille avec toutes ses dépendances ainsi qu'un domaine allodial situé à Gervillers.
En 1374, les Bâlois incendient le village d'Asuel pour se venger du soutien de J.-U. à l'évêque de Bâle Jean de Vienne au prise à de violents conflits avec la bourgeoisie de Bâle puis aussi de Bienne. Deux ans plus tard, un tournoi organisé pendant le carnaval tourne en un affrontement entre bourgeois, partisans de l'autonomie municipale, et nobles, favorable au pouvoir du prince-évêque. Lors de ce conflit, connu sous le nom de Boese Fasnacht, les Asuel s'engagent au côté de la noblesse. Les combats sont rudes et se déroulent dans un climat de haine sociale. En 1377, le sire d'Asuel se réconcilie avec les miliciens bâlois provisoirement vaincus. Quelques années plus tard, ce sont les bourgeois d'Alsace qui s'en prennent aux possessions de J.-U.
Vers 1369, les sires d'Asuel cèdent leur droit d'avouerie de Saint-Ursanne à l'église de Bâle. La bonne entente qui régnait alors entre ces deux parties peut expliquer, en partie, cet événement. En retour, l'évêque Jean de Vienne accorde à J.-U. et à ses successeurs le droit (perdu à l'époque de Bourcard IV) de conserver les fiefs d'Asuel même en l'absence de descendant mâle.
En riche seigneur, J.-U. prête à plusieurs reprises de l'argent aux évêques ou se porte garant pour leurs emprunts. Ces actes montrent qu'à la fin du 14e siècle, les finances de l'église de Bâle sont au plus bas. Perdant de leur influence, les princes-évêques doivent s'effacer devant la montée en puissance des sires de Neufchâtel (en 1399, Humbert de Neufchâtel devient évêque de Bâle).
En 1386, J.-U. doit s'engager, en tant que vassal de Léopold pour ses fiefs alsaciens, aux côtés des Autrichiens dans le conflit qui les oppose aux Confédérés. J.-U. meurt lors de la bataille de Sempach le 9 juillet 1386.

Emma Chatelain, 21/02/2006
Dernière modification: 2/11/2011

Bibliographie

Jean-Paul Prongué, « Les seigneurs d'Asuel, un lignage ajoulot au Moyen-Age », in ASJE, 1996, pp. 259-263