Asuel, Ulrich-Thiébaud d' (?-?)

Issu de la famille des sires Asuel. Prévôt de St-Ursanne, il est mentionné en tant que tel de 1330 à 1343. Neveu ou fils de Thiébaud d'Asuel, avoué de Saint-Ursanne. En 1347, il épouse Bénédicte d'Aarburg. Père de Jean-Ulrich.
A la mort de Thiébaud, Ulrich-Thiébaud et son frère Walter lui succèdent comme co-seigneurs d'Asuel et avoués de St-Ursanne. U.-T. parvient à rétablir la situation des Asuel, sérieusement compromise par les agissements de Thiébaud. Après s'être réconcilier avec l'évêque de Bâle, U.-T. récupère la mainmise sur saint-Ursanne en abusant de sa charge d'avoué et finalement se met au service de la Maison d'Autriche.
On ignore quand et comment il a été investi de la charge de prévôt de St-Ursanne. N'ayant jamais reçu les ordres majeurs, il n'a jamais été chanoine de St-Ursanne. Son élection contrevient donc aux statuts capitulaires. Il est probable qu'il ait bénéficié, pour parvenir à ses fins, des querelles qui agitent alors l'église de Bâle. Deux candidats réclament le siège épiscopal : Hartung Muench, élu par le Haut Chapitre, et Jean de Chalon, élu par la papauté.
En 1345, Ulrich-Thiébaud entre au service des Habsbourg en tant que pfleger und amtmann (intendant et chargé d'affaires) de la duchesse d'Autriche dans le Sundgau (baillage qui comprend l'ancien comté de Ferrette, entre l'Ajoie et la région de Bâle). Se mettre ainsi au service de l'Autriche était un moyen de restaurer sa situation financière et de retrouver un certain prestige. Il est probable qu'à cette époque, Ulrich-Thiébaud résigne toutes ses charges ecclésiastiques. Son mariage avec Bénédicte d'Aarburg, issue d'une famille intimement liée aux Habsbourg, confirme l'option autrichienne des Asuel.

Emma Chatelain, 7/02/2006
Dernière modification: 22/02/2006

Bibliographie

Peter von L. Zaeslin, « St-Ursanne », in Hevetia Sacra, II/2, Berne, 1977, p. 448
Jean-Paul Prongué, La Prévôté de Saint-Ursanne du 13e au 15e siècle, Porrentruy, 1995, pp. 68-69
Jean-Paul Prongué, « Les seigneurs d'Asuel, un lignage ajoulot au Moyen-Age », in ASJE, 1996, pp. 256-259