Koby, Frédéric-Edouard (1890-1969)

Né à Porrentruy le 12 septembre 1890, décédé des suites d'une crise cardiaque le 12 septembre 1969. Fils de Frédéric-Louis Koby et d'Alice Pallain, fille de Joseph Pallain, préfet du district de Delémont de 1866 à 1873.
Etudes gymnasiales à l'Ecole cantonale, études de médecine à Bâle et Lausanne (diplôme en 1915), doctorat (1917) chez le prof. Jaquet. K. choisit de se spécialiser en ophtalmologie, domaine dans lequel il se hisse rapidement aux premiers rangs des ophtalmologues suisses. Il étudie notamment auprès de Mellinger et Vogt, dont il est le premier assistant, et poursuit sa formation à l'étranger. En 1920, il remplace le Dr. Meyer à l'hôpital de Colmar, puis devient chef de clinique du Dr. Landolt à Paris (1921), fréquente de nombreux hôpitaux ainsi que l'Ecole d'anthropologie du professeur Manouvier. Le prof. Vogt ayant été appelé à Zurich, il se voit alors confier, à titre interimaire, la direction de l'Hôpital des yeux à Bâle, où il ouvre un cabinet en 1923. Il se voit confié la charge d'un cours de biomicroscopie de l'oeil dans le service du Dr. Morax, à Lariboisière (auj. Faculté de médecine de Paris), puis dans celui du professeur Jeandelèze à Nancy, ce qui lui vaut la médaille de l'Université de Nancy (1927), tandis que la Société d'ophtalmologie de Paris le nomme membre correspondant étranger la même année. En 1933, il est appelé à Louvain (B), dans les services du prof. Van der Straten. Les traductions en plusieurs langues de son "Précis de biomicroscopie" le font connaître à l'étranger, de sorte que des ophtalmologues français, espagnols, américains et anglais effectueront de courts séjours chez lui pour s'initier à la biomicroscopie. K. introduit, en Europe et au-delà, la technique d'investigation biomicroscopique de l'oeil par la "lampe à fente" qui lui avait été enseignée par Vogt. Collaborateur régulier aux "Archives d'ophtalmologies" et à la "Revue générale d'ophtalmologie".
Féru de spéléologie et de paléontologie, il consacre beaucoup de son temps à son violon d'Ingres et explore de nombreux gouffres et grottes, dont la rivière souterraine l'"Ajoulote" ou les grottes de Milandre, et mène des recherches dans d'autres cavernes suisses et françaises : Saint-Brais, grottes du Simmental, La Gravette, La Quina, Aurignac, Angles, diverses grottes des Pyrénées, etc. Ses études portent sur la faune préhistorique, plus particulièrement sur l'ours des cavernes (ursus spaeleus). D'année en année, il avait constitué une collection de référence et une somme d'observations qui rendaient ses déterminations de plus en plus assurées. A la demande de préhistoriens français, il précise les faunes de nombreuses grottes, ce qui lui vaut le titre de membre d'honneur de la Société de préhistoire de l'Ariège. Parmi les nombreux travaux qu'il consacra à ce domaine, citons par exemple l'étude plusieurs années de suite de la faune magdalénienne de la grotte de La Vache (Pyrénées françaises). Ses recherches le conduisent, dès 1946, à d'importantes révisions sur la chronologie des sols des grottes et sur le remplissage de celles-ci. Il est également l'auteur de la théorie du "charriage à sec" (qui a fait date) et qui lui vaut de se brouiller avec les préhistoriens suisses, en particulier Baechler, et réfute l'existence d'un culte de l'ours. Un des sommets de sa carrière fut sans doute atteinte lors de la découverte, en 1956, d'une incisive humaine d'un homme de Néandertal dans la grotte de Saint-Brais II, dont il avait entrepris la fouille depuis plusieurs années déjà. La liste de ses publications comprend quelques 110 titres.
Emulateur, ancien président de section, membre d'honneur de la Société jurassienne d'Emulation (SJE), favorable à la création d'un vingt-troisième canton. Détenteur de plusieurs distinctions académiques, du prix Jules Thurmann. La Faculté des sciences de l'Université de Bâle pensait lui décerner le titre de docteur honoris causa à l'occasion de son quatre-vingtième anniversaire.

La recension des travaux publiés par K. donnée dans le deuxième volume de l'Anthologie jurassienne est complétée dans l'article des Actes cité en référence.

Voir la notice Archéologie.

Philippe Hebeisen, 9/08/2005
Dernière modification: 9/01/2009

Bibliographie

Edmond Guéniat, « Frédéric-Edouard Koby », in Anthologie jurassienne, vol. 2, Porrentruy, 1965, pp. 490-507
Edmond Guéniat, « Frédéric-Edouard Koby 12.9.1890-12.9.1969 », in ASJE, 72, 1969, pp. 369-375