Nicolet, Adolphe-Célestin (1803-1871)

Naturaliste, historien de talent et homme politique.
Né à La Chaux-de-Fonds le 27 juillet 1803. Décédé le 13 juin 1871 dans sa ville natale. Epouse Elzire Othenin-Girard en 1835. Une fille, Julia, décédée très jeune, en 1859.
N. fréquente le collège de Porrentruy puis est placé à Bâle (1818). Il commence ensuite un apprentissage de pharmacien au Locle avant de le poursuivre à Besançon (1820-1823). Après un passage à l'Académie de Lausanne, N. se rend à Paris en août 1824. L'année suivante, N. est admis comme élève interne en pharmacie des hôpitaux de Paris. En 1829, il se fait recevoir pharmacien dans son pays natal.
De retour en Suisse (1832), N. s'établit comme pharmacien à La Chaux-de-Fonds.
Antiroyaliste, N. entretient des liens avec les libéraux de Porrentruy tels que Gaullieur, Petitpierre, Thurmann, Kohler, Stockmar, Marchand, Choffat. N. figure en outre, en juillet 1832, parmi les premiers collaborateurs du journal L'Helvétie créé à Porrentruy et qui sera l'organe principal de l'opposition républicaine neuchâteloise.
Député au corps législatif en 1836 et 1837, au Comité patriotique de La Chaux-de-Fonds en février 1848, membre de la Constituante et député au Grand Conseil. Après la Révolution de 1848, N. se retire de la vie politique.

Reçu membre correspondant de la Société des sciences naturelles de Neuchâtel en 1833. N. contribue à la fondation d'une Société géologique des Monts-Jura, en collaboration notamment avec Jules Thurmann de Porrentruy. En 1835, il est reçu membre de la Société helvétique des sciences naturelles (l'actuelle Académie suisse des sciences naturelles) et en 1838, il participe à la réunion de la Société géologique de France à Porrentruy, dont il est reçu membre le 3 février 1840. En 1855, N. assume la présidence de la 40e session annuelle de la Société helvétique des sciences naturelles à La Chaux-de-Fonds.
Géologue de talent, N. est aussi un spécialiste des champignons et de la flore jurassienne. Sa Florule de La Chaux-de-Fonds riche de 230 espèces est la plus ancienne liste que nous connaissions des plantes du Haut-Jura neuchâtelois, celles que Gagnebin avait établies ayant disparu.
Connu comme historien « bellelagiophile » (il fut notamment l'auteur du Necrologium Bellelagiense relatif à l'ancienne abbaye de Bellelay), et pionnier de la photographie dans les Montagnes.
Il prend aussi une part considérable aux questions d'utilité et d'instruction publiques. Il joue notamment un rôle important dans l'alimentation en eau potable de La Chaux-de-Fonds ainsi que dans la promotion de la construction du chemin de fer La Chaux-de-Fonds-Le Locle ou de la ligne vers Bienne par le vallon de Saint-Imier.
Grand collectionneur, N. fournit à maints correspondants les références nécessaires à leurs travaux. Lorsque Jules Thurmann dresse le portrait d'Abraham Gagnebin (1707-1800), c'est à son ami pharmacien qu'il s'adressa pour des informations de première main.
N. est aussi en contact avec le géologue Amanz Gressly.

N. est l'auteur d'un grand nombre de publications, notamment dans le Bulletin de la Société neuchâteloise des sciences naturelles, les Actes de la Société jurassienne d'Emulation et le Musée neuchâtelois.

Emma Chatelain, 4/10/2006
Dernière modification: 12/10/2006

Bibliographie

Marcel S. Jacquat, « Adolphe-Célestin Nicolet, pharmacien, naturaliste et historien », in Biographies neuchâteloises, tome 3, 2001, pp. 269-275.