Capucins de Delémont

L'hospice de Delémont des Frères Mineurs Capucins (branche des Franciscains), fondé en 1626, supprimé en 1793, jouit d'une nouvelle fondation depuis 1922. De 1626 à 1793, le statut de l'établissement est celui de couvent.
La première arrivée de deux pères capucins à Delémont, en provenance du nouvel établissement de Porrentruy, a lieu en 1589, lorsqu'ils sont appelés à prononcer les sermons du jeûne. Leur succès au haut de la chaire incita les Delémontains à demander une présence permanente des capucins en leurs murs. Solidaire du désir de ses sujets, le prince-évêque Guillaume Rinck de Baldenstein envoya une demande de fondation pour Delémont au chapitre provincial installé à Soleure. Ce dernier délégua le P. Rudolf Faillard de Montbéliard (F) afin de prospecter l'endroit dans le but d'y fonder un couvent (1622). Après que Rome et le général de l'ordre aient recommandé la réception d'un nouveau couvent (1624), le chapitre donna son assentiment définitif à la fondation en 1626. Malgré la Guerre de Trente Ans, Mgr Ostein, nommé prince-évêque en 1628 après la mort de son prédécesseur, exige énergiquement la nouvelle fondation, prenant tous les frais à sa charge, pendant que la ville livre gracieusement le bois de construction. L'emplacement du futur couvent, racheté par l'évêque au patricien Bartholomée Wicka, reçu la pierre de fondation en automne 1629. La construction du bâtiment, sous la direction de Jean Sébastien Bennots, fut achevée en 1631 et comptait alors dix-sept cellules. L'église et le maître-autel avaient déjà été inaugurés par l'évêque un an auparavant. En 1646, le général de l'ordre des capucins, R.P. Innocent de Caltagirone (1589-1655), vénéré comme faiseur de miracles, rend visite à ses frères de Delémont, où il est reçu en grande pompe. La même année, le prince-évêque en charge décède dans la chambre d'hôpital du couvent. Conformément à son souhait, il est inhumé devant le maître-autel de l'église des capucins. Auparavant, en sa qualité de prince temporel, il avait transmis la charge du soin du couvent à la ville de Delémont, même si les princes-évêques resteront aussi à l'avenir au nombre des bienfaiteurs de l'établissement, lequel fut d'ailleurs épargné par les aléas de la Guerre de Trente ans, bien que la ville ait été occupée par des envahisseurs successifs pendant près de dix-huit ans.
Lorsque la principauté (l'Evêché de Bâle) fut annexée à la République française en tant que département du Mont-Terrible (1793), les capucins, ayant refusé de prêter le serment à l'Etat réprouvé par le pape Pie VI, s'enfuirent en Suisse dans la nuit du 7 au 8 mai. Suite à cet abandon, le couvent est pillé et réquisitionné comme bien national, lot commun à toutes les institutions du même type. Ayant servi un moment comme hôpital, le bâtiment est vendu (1796), partiellement détruit et les locaux reconvertis en appartements privés. Lors du passage de l'ancien Evêché de Bâle au canton de Berne, les autorités de ce dernier s'opposent au retour des capucins, rachètent les bâtiments et achèvent de le transformer : l'église accueille dès lors des appartements, tandis que l'ancien bâtiment conventuel est détruit et reconstruit à neuf, accueillant désormais les classes de l'Ecole normale destinées au Jura francophone.
Ce n'est qu'en 1922 que Delémont accueille à nouveau un père (P. Renatus, supérieur) et un frère (fr. Alfred) capucins, vite rejoints par un troisième compagnon, le P. Agathangelus, en automne. L'autorisation des supérieurs de Rome et de l'évêché pour un nouvel établissement tombe en 1923 (depuis 1874, les nouveaux établissements portent le titre d'hospices, et non plus de couvents). Etablis dans les premiers temps à Sous-Montcroix, la communauté emménage en 1951 dans les nouveaux locaux réalisés d'après les plans émanent de l'architecte Jeanne Bueche. L'évêque de Bâle François von Streng inaugure solennellement la nouvelle église et ses trois autels en 1953. L'église de fortune et le bâtiment de Sous-Montcroitx ont été démolis. Depuis 1966, ils assurent une aide pastorale dans soixante-trois paroisses du Jura francophone, la visite de quarante communautés d'ordres tiers, ainsi qu'une direction spirituelle au centre de formation St-François. Un père est engagé employé comme aumônier du Mouvement familial rural. La communauté, qui comptait à ce moment-là dix pères et quatre frères voit le nombre de ses pères diminuer à six en 1970.

Philippe Hebeisen, 9/12/2004
Dernière modification: 14/12/2011

Bibliographie

P. Beda Mayer OFMCap., "Hospiz Delsberg", in Helvetia Sacra, V/2, 1974, pp.252-266

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