Régiment d'infanterie 9

Le régiment d'infanterie 9 est le 2e régiment jurassien, après le régiment d'Eptingue (1758-1792). Il est constitué en 1912 et dissout le 31 décembre 2003, lors de l'entrée en vigueur d'Armée XXI. En 1912, il regroupe alors les trois bataillons qui regroupaient les soldats du Jura bernois, du Jura et de Bienne romande ainsi que les soldats romands du bataillon 23 (voir page 2) dans le but de réunir dans une même unité les fantassins d'une même région, parlant une langue commune. Le régiment d'infanterie 9 va notamment servir durant les deux guerres mondiales ainsi qu'à deux reprises en service d'ordre, à Zurich (1919) et à Genève (1954). Durant la Première Guerre mondiale, il joue un rôle important dans la stratégie de l'armée suisse de « couverture des frontières ». Les soldats jurassiens vont servir environ 546 jours sous les drapeaux, répartis en cinq mobilisations. Les 85 morts que l'on dénombre alors sont dus principalement à l'épidémie de grippe espagnole de l'été 1918. Dès 1937, on organise 8 bataillons de couverture-frontière : 3 sont issus du bataillon 22 et relèvent de la brigade frontière 2, neuchâteloise ; les 5 autres, issus des bataillons 21 et 24, forment la brigade frontière 3, jurassienne. Le régiment d'infanterie 9 se trouve ainsi éclaté. Deux faits particuliers peuvent être signalés concernant la participation des soldats jurassiens durant la Deuxième Guerre mondiale : - en juin 1940, la brigade frontière 3 est engagée dans la division du Gempen alors que le bataillon 22 accueille aux frontières environ 42 000 soldats français et polonais et 12 000 civils ; - en 1940 toujours, Virgile Moine qui est alors le commandant du bataillon 21, met sur pied un nouvelle série de représentations de La Gloire qui chante (jouée par les soldats de son bataillon). Cette pièce de théâtre, écrite par Gonzague de Reynold à la gloire de l'armée suisse, tient à démontrer l'attachement du Jura à la Suisse. Elle avait déjà été jouée en 1920 par les Ajoulots du bataillon 24. Au printemps 1919, le Conseil fédéral décide d'envoyer le régiment d'infanterie 9, alors sous les ordres d'Henri Guisan, à Zurich, dans le contexte de la grève générale débutée en Suisse en novembre 1918. Trente-trois ans plus tard, du 26 avril au 21 juillet 1952, a lieu la première des grandes conférences de Genève dont le but est d'arriver à régler politiquement la guerre de Corée et celle d'Indochine. Le Conseil fédéral choisit alors le régiment 9 pour assurer la sécurité lors de ce grand rendez-vous. Les commandants 1912 Paul Charmillot 1913 Charles de Meyer 1917 Arnold Bohren 1919 Henri Guisan 1921 Alphonse Cerf 1926 Maurice Savoye 1930 Karl von Wattenwyl 1932 Mathias Sulser 1935 Emile Villeneuve 1940 Marius Corbat 1941 Jean Grize 1943 Virgile Moine 1948 Edouard Bandelier 1953 René Steiner 1956 Charles Folletête 1959 Jämes Thiébaud 1962 Otto Stalder 1966 Pierre Villeneuve 1970 Francis Hochuli 1974 Marcel Bosshard 1978 Jacques Saucy 1982 Francis von Niederhaeusern 1986 Jacques Valley 1990 Walter Von Kaenel 1993 Charles Socchi 1996 Philippe Paroz 2000 Jean-Michel Dubail

Emma Chatelain, 8/08/2007
Dernière modification: 20/10/2011

Bibliographie

Walter von Kaenel (sld.), Hervé de Weck (réd.) et al., Le régiment d'infanterie 9 entre dans l'histoire, Saint-Imier, 2003 François Wisard et Claude Hauser, Des fantassins dans le siècle, Saint-Imier, 1992