L'Hoste, Hélène (1813-1891)

Supérieure des hospitalières de Porrentruy (1846-1855, 1861-1870).
Née à Porrentruy, fille de Jean-Georges, pharmacien et lieutenant de ville, et de Marie-Hélène Schneider. La famille compte dix enfants, dont sept consacrent leur vie à l'Eglise: trois frères sont prêtres, trois soeurs entrent au couvent comme capucine, visitandine et ursuline, tandis qu'Hélène franchit le seuil de l'Hôtel-Dieu en février 1832 en vue de devenir hospitalière.
Prise d'habit en août 1832, professe en août 1834. Employée dans les différents offices de la maison, ses compétences l'amènent à s'occuper plus particulièrement de la pharmacie, art auquel elle s'est initée auprès de son père. Nommée supérieure en mars 1846, elle démisionne en janvier 1855; réélue supérieure en janvier 1861 puis à nouveau en janvier 1864, elle arrive au terme de son mandat en avril 1870.
Appelée à prendre la direction de l'hospice des pauvres et des orphelins du château, elle s'y installe en novembre 1855 avec deux autres soeurs et s'applique à le réorganiser selon la règle des hospitalières. Ses efforts redonnent un bel essor à cet établissement autrefois abandonné. Pourtant, en 1874, lorsque les luttes engendrés par le Kulturkampf atteignent leur paroxysme, H. L'Hoste subit les pires outrages. Attaques verbales et même violences ne lui sont point épargnées. Citée à comparaître devant le juge d'instruction en janvier 1875, elle est ensuite incarcéré à la prison des Annonciades et finalement expulsée du château, ainsi que ses compagnes. Elle se rend alors à Fribourg où elle passe d'abord quelque temps à la Visitation chez sa soeur, la mère Aloyse L'Hoste, puis quatorze mois d'exil chez son autre soeur, la mère Josèphe L'Hoste, supérieure des capucines de Montorge. De retour dans sa communauté, elle refuse un nouveau supériorat et reprend ses activités à la pharmacie et auprès des malades. Sa mort survient fin avril 1891.

Philippe Hebeisen, 2/11/2004
Dernière modification: 4/11/2004

Bibliographie

Nicole Quellet-Soguel, "Hospitalières de Porrentruy", in Helvetia Sacra, VIII/I, 1994, p. 383