Roskopf, Georges-Frédéric (1813-1889)

Né le 15 mai 1813 à Niederweiler, près de Badenweiler, cercle de Lörrach, Grand Duché de Bade. Décédé le 14 avril 1889 à Berne. Allemand d’origine, il acquiert en 1874 la naturalisation neuchâteloise et est agrégé à la commune de Cernier. Fils de Johann-Georg et Marie-Elisabeth Gmelin. Marié à La Chaux-de-Fonds en 1835 avec Françoise Robert (née le 13 décembre 1797, décédée en avril 1873), de La Chaux-de-Fonds, fille d’Aimé (fils de Louis, capitaine) et de Charlotte Droz-dit-Busset (fille de Charles Emmanuel). Trois enfants Roskopf nés à La Chaux-de-Fonds : Fritz-Edouard (né le 13 décembre 1835), Marie (née le 6 juin 1838) et Charles-François (né le 16 juin 1840). Françoise Robert s'est mariée en première noce le 4 novembre 1820 à Fenin (NE), avec Théophile Lorimier (fils de Charles) de Vilars (NE), dont elle a eut trois enfants Lorimier nés à La Chaux-de-Fonds : N. (+ 08.02.1821 à 6 jours), Sophie Charlotte (° 19.05.1823) et Adèle Anna (° 26.06.1829).
En 1829, R. arrive à l’âge de 16 ans à La Chaux-de-Fonds sans autre intention que d'y apprendre le français. Il entre dans la maison de commerce de F. Mairet & Sandoz qui s’occupe de la vente de fers et métaux ainsi que de fourniture d’horlogerie. Il y reste quatre ans en qualité de commis. Il est ensuite engagé comme apprenti horloger chez J. Biber jusqu’à son mariage (1833-1835), date à laquelle il achète une maison où il monte une fabrique d’horlogerie pendant 15 ans (1835-1850). Après la vente de son comptoir, il est appelé à diriger la maison B.-J. Guttmann frères à La Chaux-de-Fonds jusqu’en 1855.
En 1856, il s’associe avec son fils - Fritz-Edouard Roskopf (1835-1927) - et l’horloger Henri-Edouard Gindraux, sous la raison sociale Roskopf, Gindraux & Cie. Deux ans plus tard, en 1858, ses deux associés quittent le navire, son fils ayant choisit de fonder une maison d’horlogerie à Genève. C’est alors que R. imagine une montre à la portée de toutes les bourses. Après des années de gestation, il construit de 1865 à 1867 le mouvement rêvé : une montre robuste, facile à fabriquer, destinée aux classes laborieuses à laquelle il donne comme nom "la Prolétaire", aussi appelée "montre du pauvre". R. part alors en quête d’une fabrique qui veuille bien se charger de lui fournir l’ébauche avec barillet et minuterie. Il engage des pourparlers avec la principale fabrique du pays de Neuchâtel, Robert & Cie à Fontainemelon (plus tard FHF). Mais ceux-ci n’aboutissent pas à cause des prix demandés. Il se tourne alors vers la Société d’horlogerie de Malleray qui accepte une convention d’une commande de 2000 pièces fin novembre 1866. Vers le milieu de 1867, la fabrication de la "montre du pauvre" est enfin organisée.
Rappelons qu’à cette époque, la Suisse ne posséde pas encore de loi sur la protection des inventions. C’est pourquoi dès le début, sa montre est en butte à maintes contrefaçons. De par son extrême simplicité (57 pièces au lieu de 160 habituellement), ses premières montres n’ont pas de mécanisme de mise à l’heure qui doit alors se faire avec le doigt. Pour y remédier, R. obtient en 1869, de la maison Raiguel, Juillard & Cie (Cortébert Watch Co) des ébauches avec mise à l’heure.
A la fin de cette même année, la "Prolétaire" est en pleine prospérité. Sa renommée s’étend de tous les côtés. Mais trois ans plus tard, affecté par la mort de sa femme (1872), R. remet son entreprise à Wille Frères, se remarie puis part à Berne où il meurt 17 ans plus tard.
Paradoxalement, sa "montre du pauvre" fut adoptée par les gens riches. Elle connaîtra un succès durable, qui constituera une étape majeure dans l’histoire de l’horlogerie. En 1960, ce ne sont pas moins de 16 millions de pièces Roskopf qui ont été vendues!

Robin Moschard, 21/03/2012
Dernière modification: 23/04/2012

Fonds d'archives

Archives de l'Etat de Neuchâtel, fichiers détat civil

Bibliographie

Eugène Buffat, Histoire et technique de la montre Roskopf, Genève, Administration du Journal suisse de l’horlogerie, 1914, p. 5-8, 11, 22-23, 30, 39-40, 45 (http://watkinsr.id.au/BuffatFr.pdf)
Caroline Calame, « Georges-Frédéric Roskopf (1813-1889) horloger », in Michel Schlup (dir.), Biographie neuchâteloise, tome 3, Hauterive, Ed. Attinger, 2001, p.321-325
Estelle Fallet, « Georges-Frédéric Roskopf », in Dictionnaire historique de la Suisse [publication électronique DHS], version du 16.11.2010
Liliane Roskopf, Une histoire de famille, Genève, Editions Metropolis, 2002(elle est l’arrière-arrière-petite-fille de l’inventeur)
www.worthpoint.com/article/history-roskopf-watch
Robin Moschard, « Les Juillard, de Sonvilier, industriels de la Cortébert Watch Co (1790-1962) », in Généalogie Jurassienne. Bulletin du CGAEB, 74, 2012, p. 3-9
Robin Moschard, « La famille Raiguel de Corgémont », in Généalogie jurassienne. Bulletin du CGAEB, 73, 2011, p. 3-8